Points d’unités

1e point

Les lesbiennes, gays, bisexuel·le·s, transgenres, et intersexes (LGBTI) sont caractérisé·e·s par le fait qu’iels ne s’inscrivent pas dans la construction patriarcale cisgenre-hétérosexuelle, c’est à dire la conformité au genre attribué à la naissance et l’attirance exclusive pour des personnes de genre opposé. Bien que genre et sexualité soient deux aspects distincts, et que les lesbiennes, gays, bi, transgenres et intersexes font face à des problématiques spécifiques, iels luttent tou·te·s contre le patriarcat et leur organisation peut être commune.

2e point

Le patriarcat est la séparation de la société en deux genres distincts, c’est à dire deux rôles sociaux: hommes et femmes, où les hommes sont valorisés et les femmes dévalorisées, et où les seules relations encouragées sont l’hétérosexualité sous domination masculine. L’oppression des LGBTI découle du patriarcat, de fait la lutte des LGBTI s’intègre à la lutte des femmes. Sans renversement du patriarcat, pas d’émancipation possible.

3e point

Nous, LGBTI, sommes victimes de discriminations, de harcèlement et de violences allant jusqu’au meurtre, en famille, au travail, et dans la société en général. Beaucoup d’entre nous se suicident à cause de tout cela. Face à cette situation inacceptable il est nécessaire de nous organiser et de développer une pratique d’autodéfense et de solidarité.

4e point

Notre société est capitaliste, une poignée de bourgeois s’enrichit sur le travail du prolétariat qui vit dans la précarité et dans la misère alors qu’il produit tout ce qui est nécessaire pour vivre. Nous les LGBTI, sommes parmi les plus durement touchés par la précarité à laquelle s’ajoute la marginalisation, qui nous exposent à des situations et comportements auto-destructeurs (drogue, alcool, prostitution, etc). Nous n’avons pas à accepter cette double peine. Sans renverser le capitalisme, nous resterons vulnérables, capitalisme et patriarcat sont les deux sources de notre oppression.

5e point

La prostitution se présente parfois à nous comme un moyen de subsistance, du fait de notre marginalisation. La prostitution, parce qu’elle rapporte de l’argent, est souvent considérée à tort comme un travail comme un autre. Pourtant il s’agit d’une forme de la violence masculine la plus radicale contre les femmes et les LGBTI, nous ne pouvons pas accepter et banaliser une forme d’exploitation des corps aussi violente sans la dénoncer pour ce qu’elle est. Les prostitué·es sont victimes et non bénéficiaire de la prostitution, car elle les réduit au rang de marchandises.

6e point

Des associations de médecins, comme la SoFECT, nuisent aux personnes trans et ne remplissent pas leurs rôle d’accompagnement psychologique et médical par leurs pratiques qui mettent en danger et désinforment.
Il est important d’organiser une alternative pour que nous, personnes trans, puissions transitionner sans violence et manipulation.

7e point

Les discriminations qui touchent les LGBTI localement touchent les LGBTI de toutes les populations à travers le monde. Notre lutte s’inscrit donc dans les luttes internationales, nous devons dénoncer l’instrumentalisation de notre cause à des fins racistes et malhonnêtes et affirmons notre solidarité avec les LGBTI de tous les pays.

8e point

Les pratiques auto-destructrices sont très répandues dans les milieux LGBTI et nuisent beaucoup à nos vies, ainsi qu’à l’organisation et à l’efficacité de nos luttes. Idéologiquement il y a un travail à faire pour remettre en question notre rapport à l’oppression, et relever la tête. Nous ne devons plus ni nous cacher ni accepter de relations déshumanisantes, car nous sommes légitimes à avoir une famille, des enfants et une place égale dans la société.

9e point

Les institutions actuelles dans l’État français sont des acteurs majeurs dans la discrimination des LGBTI et ne peuvent apporter de solution viable et durable. La police, et la répression de nos mouvements qu’elle effectue pour l’État, en est un exemple. Ces institutions sont le produit du capitalisme et du patriarcat, nous devons refuser toute collaboration car leur structure même est un frein à notre émancipation.

10e point

Sans pouvoir politique, les LGBTI ne seront pas en mesure de mettre fin aux oppressions et violences qui les accablent, nous devons donc prendre en main notre propre émancipation. Une solution ne viendra pas de l’extérieur, nous devons développer notre propre force, et nous inscrire dans un mouvement révolutionnaire pour nous débarrasser du vieux monde.